
D’emblée, je dois vous avouer qu’un dossier tel que celui présenté dans ce numéro, sur la pastorale des funérailles et du deuil, me déstabilise totalement. La mort est, à mes yeux – je vous le confie – autant un passage obligé qu’une aberration. La vie terrestre m’est si précieuse et si merveilleuse que je ne voudrais jamais la voir se terminer!
APPRIVOISER L’IDÉE…
Apprivoiser cette idée du deuil me force à reconnaître que ma vie est d’une richesse inestimable, remplie de bontés inimaginables! Au dernier jour d’Action de grâce, cette année, je suis allé chercher mon père, qui vit avec nous depuis un ACV fulgurant qui l’a laissé invalide, quoique semi-autonome. En arrivant dans ses appartements, je l’ai trouvé d’une blancheur à faire peur, le souffle court et le cœur en miette. Ambulance, hospitalisation et diagnostic : crise d’angine et… anxiété. Face à la mort qui le guette depuis deux ans, mon père réagit très mal et est craintif, tout en demandant chaque matin au Bon Dieu de venir « le chercher ». Sa vie n’étant plus ce qu’elle était, il regrette presque sa réanimation mais, sagement, il sait aussi la seconde chance qui lui a été donnée par la vie et tente, par plusieurs moyens, d’en profiter.
Cet événement et la mise en chantier de ce dossier spécial m’ont rappelé que toute vie terrestre mérite d’être pleinement vécue et d’être appréciée à sa juste valeur, quand il est temps : alors que nous y sommes. Vivants. Mais cela m’a aussi fait prendre conscience que pour nous assurer de respecter nos êtres chers jusqu’aux dernières volontés, encore fallait-il les connaître.
Depuis, nous avons eu « la » discussion. Pré arrangements et volontés. Bouleversées, certes, mais rassurées – les personnes de la famille qui ont pris part à la discussion savent maintenant ce que nous désirons tous, individuellement, lors de l’ultime adieu.
Au-delà des résultats de cette discussion, j’ai appris. Appris que, à l’instar du Petit Prince, c’est le temps pris à apprivoiser qui permet le chemin vers la paix. Quant à mes craintes, je les confie humblement à cette Trinité qui m’accompagne, en me tournant, vivante et souriante, vers les chauds rayons d’un soleil d’automne. Dans l’espérance…
Je profite de ce billet pour remercier généreusement M. Gilles Mathieu pour ses conseils et ses réponses avisées dans la construction de ce dossier. Je remercie aussi chaleureusement mon amie, Sandra Bellefoy, qui nous a gracieusement permis d’utiliser sa magnifique œuvre photographique, en page couverture.
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