
Le 10 juillet 1885 naissait le diocèse de Nicolet, et Mgr Elphège Gravel en devenait le premier évêque. À l’origine, il s’agissait d’un territoire rural situé entre la rive sud du St-Laurent et les Appalaches. Mais au fil du temps, on a vu se développer des zones urbaines comme Drummondville et Victoriaville et des zones industrielles comme le parc industriel et portuaire de Bécancour. En retracer l’histoire peut se comparer à une longue marche dans le temps, une marche tributaire de contextes sociaux différents et de défis pastoraux qui ont varié au cours des décennies.
Surtout, une histoire d’alliance s’est vécue entre Dieu et son Peuple. Tout au long de ces années, il a inspiré le quotidien de milliers de personnes qui, par leur foi, leur ténacité et leur amour fraternel, ont favorisé le développement et le dynamisme de notre communauté diocésaine.
UNE ÉGLISE DE PROXIMITÉ
Pendant des décennies, la visibilité de notre Église et sa proximité ont été manifestées par le clocher, le curé du village et les relations liées aux activités paroissiales ou aux rencontres locales. Au milieu de sa communauté, le curé était disponible à toutes les personnes qui se présentaient.
Au début des années 1970, le terme « communauté chrétienne » a eu tendance à remplacer celui de « paroisse ». On mettait de l’avant le « nous » des baptisés, l’égalité fondamentale des membres, la coresponsabilité. Il y avait ici un déplacement déterminant par rapport au modèle antérieur qui privilégiait le rapport curé – paroissiens. Sans l’abandonner tout à fait, on faisait appel à la participation de tous les baptisés.
UNE ÉGLISE DANS LE MONDE
Déjà, au milieu du XXe siècle, le Québec voyait naître des transformations qui mèneraient progressivement à la laïcisation de l’État. Et dans la même période, le Concile Vatican II ouvrait les portes de l’Église à un vent de renouveau en la recentrant sur le Christ et l’Évangile, tout en l’amenant à lire les « signes des temps », à repenser sa présence dans le monde contemporain, à penser l’apport original de l’expérience chrétienne à la société d’aujourd’hui.
Ces dernières décennies, notre Église s’est fortement ressentie des mutations profondes qui ont marqué notre société. Ainsi, nous avons assisté impuissants à la pauvreté de nos ressources humaines et matérielles. Mais au cœur de cette expérience d’appauvrissement, l’Esprit développait en nous l’attitude des disciples en nous centrant sur la Parole de Dieu et, loin de nous refermer sur nous-mêmes, il nous a plutôt appelés à devenir une Église plus humaine qui accueille les gens à la manière de Jésus. Et notre grand projet d’évangélisation nous a sensibilisés à la réalité et aux besoins des personnes qui s’éveillent à la rencontre de Dieu, comme à celles qui désirent entrer dans un processus de formation à la vie chrétienne.
UNE ÉGLISE MISSIONNAIRE
Progressivement, une évidence s’est fait jour : pour soutenir la foi, pour la nourrir et la faire grandir, nous avons besoin de la richesse de communautés où des femmes et des hommes se rassemblent, essaient de lire et vivre l’Évangile et ressourcent ainsi leur élan missionnaire.
En pareil contexte, notre 125e anniversaire nous tourne vers l’avenir. Nous sentons vraiment un appel à « prendre le large » en favorisant la création d’ensembles paroissiaux plus vastes qui ouvriront de nouveaux horizons et favoriseront une meilleure présence au monde. De nouvelles paroisses permettront à la Parole de Dieu d’ouvrir de nouveaux espaces. C’est toute la dynamique du plan quinquennal lancé à l’automne 2007, un projet fortement marqué par cette conviction que l’Église ne sera vraiment elle-même que si elle s’ouvre à la mission, si elle quitte ses sécurités pour se mettre à la suite du Christ sur les routes du monde.
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