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Revue diocésaine
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Depuis peu, nous assistons à une pratique qui permet aux personnes endeuillées d’apporter les cendres après les funérailles. Bien que l’Église recommande de les enterrer ou de les placer dans un columbarium afin d’en faire un lieu de recueillement, au Québec, la loi permet aux endeuillés d’en disposer à leur guise, du moment que ce n’est pas contraire aux règlements municipaux.
Dans certains cas, la possession des cendres n’est que temporaire et n’est due qu’au délai entourant l’inhumation. Mais parfois, le geste a un caractère plus permanent et laisse supposer chez l’endeuillé une difficulté à surmonter l’épreuve d’une séparation définitive. Il est vrai que lorsqu‘une partie de notre vie s’est écoulée auprès d’une personne aimée, son absence peut s’avérer intolérable. Garder les cendres avec soi permet alors de conserver une impression de proximité avec l’être cher afin d’apprivoiser petit à petit la vie sans lui.
L'INTÉGRALITÉ DU CORPS
Il va sans dire qu’apporter les cendres à la maison prive toute autre personne qui aurait souhaité avoir un lieu pour se recueillir auprès du défunt. Pour cette raison, et dans le but d’élargir quelque peu l’accès au défunt, certains opteront pour le partage des cendres dans des reliquaires (petites urnes). Un cercle restreint de proches est alors invité à conserver une petite partie des cendres avec eux. Cette pratique incite toutefois à une réflexion d’ordre moral : en divisant les cendres en plusieurs parties, le corps ne conserve plus son intégralité. Ce désir de permettre à plusieurs de conserver une partie du disparu peut heurter certaines convictions.
CERNER L'IMPACT
Afin de prendre une décision éclairée que vous n’auriez pas un jour à regretter, voici quelques pistes de réflexion qui peuvent aider à mieux cerner l’impact d’avoir les cendres de l’être cher avec soi :
Pour certaines personnes, le choix de conserver les cendres de l’être cher correspond à un besoin « vital » : il leur permet de surmonter l’épreuve qu’elles auront à traverser. Il est vrai qu’aménager un espace réservé au défunt amène l’élaboration de plusieurs rituels, parfois même quotidiens. Ces rituels incitent souvent à l’expression des émotions. Ils invitent aussi à prononcer quelques paroles affectueuses à l’égard du défunt, permettent de lui confier ses tourments et stimulent des périodes de recueillement.
Cependant, rappelez-vous qu’il est toujours possible de changer ultérieurement la destination des cendres. Vous n’avez qu’à contacter votre coopérative funéraire : un conseiller vous aidera à choisir la façon d’en disposer qui vous conviendra le mieux.
* Maryse Dubé est cofondatrice de La Gentiane, un site d’entraide pour les personnes endeuillées offert par les coopératives funéraires du Québec. Elle est collaboratrice régulière de la Fédération des coopératives funéraires du Québec, dont nous avons eu l’aimable autorisation pour publier des extraits de ce texte.
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