
Dans les prochaines années, les projets missionnaires de nos paroisses cibleront davantage la formation des adultes à la vie chrétienne. Cela évidemment sans abandonner l’extraordinaire chantier de l’éveil et de l’initiation des enfants à la vie de foi. L’un ne va pas sans l’autre!
Actuellement, plusieurs paroisses constatent une diminution du nombre d’inscriptions d’enfants à leurs parcours catéchétiques. Dans l’effort de relire cette situation préoccupante, certains semblent y découvrir une invitation à mettre davantage de temps et d’énergie à développer la mission avec et pour les adultes de leur milieu. Évidemment, cette invitation « à rendre compte de notre espérance » (cf. 1 P 3, 15), surtout avec des adultes, n’est ni facile ni spontané. De plus, elle risque de mettre en lumière certaines limites liées à notre espérance.
Des blocages à notre témoignage d’espérance avec les adultes
Qu’est-ce qui mine notre espérance ou notre élan à en rendre compte, surtout en présence d’adultes? Peut-être notre propre fatigue et la morosité qui parfois nous gagnent et nous font dire : « On a tout essayé… Avec les enfants, ça peut aller mais les adultes n’en veulent pas! – On ne sait pas où on s’en va et on manque de gens compétents! – Année après année, on recommence à peu près la même chose… qu’est-ce que ça donne? » On peut aussi être bloqué par notre timidité, notre manque d’assurance, et même notre peur – plus ou moins avouée – de nous dévoiler comme disciple de Jésus ou, pire encore, comme membre d’une Église qui n’a pas bonne presse. De plus, le scepticisme ambiant nous reflète parfois notre manque de connaissance sur notre propre foi, ou même, nous fait toucher notre limite d’espérance « chrétienne »…
Et comment parler d’espérance sans tenir compte des 35 ans et moins, eux qui semblent avoir si peu d’héritage chrétien? Là aussi souvent on bloque! Comment dépasser cette étrange impression d’arriver de deux mondes inconnus lorsqu’on parle avec eux de foi, de prière, de Dieu, de l’Église, des sacrements? En fait, souvent la bonne volonté ne suffit plus pour traduire des « langages » si différents... Pourtant, vous le savez sûrement, lorsqu’on se donne la peine de passer du temps de qualité avec eux, lorsqu’un réel lien d’amitié nous dispose à les écouter un peu plus au niveau du cœur, surtout lorsque surviennent des pertes, des drames ou des moments importants, plusieurs manifestent une incroyable soif de profondeur. Un jeune professionnel, à la fin d’une session de préparation au mariage, nous confiait : « Peut-être que ça vous semble normal, à vous les gens d’Église, mais on ne trouve nulle part ailleurs les belles choses qu’on vient de vivre ici. On a besoin de vous pour nous rappeler l’essentiel de ce qu’est l’amour et le bonheur! Merci de nous ‘obliger’ à nous préparer à notre mariage! Continuez… »
Aussi, le fait d’oser encore mettre des enfants au monde serait-il leur forme d’expression d’une certaine foi en la Vie (sans nécessairement l’identifier à un dieu)… leur engagement à montrer que l’amour vrai existe encore en fondant une famille… ou bien leur revendication au droit d’espérer le meilleur sur une planète offrant un horizon encore ouvert? Croire, aimer, espérer… Ces personnes ne sont pas si différentes de vous et moi… Plusieurs attendent quelque chose de l’Église. Notre Église aussi, avec sa riche proposition de sens et son bel héritage religieux, a besoin de ces adultes avec leur fraîcheur, leur créativité, leurs façons nouvelles d’incarner l’évangile, leurs remises en question et leurs désirs de vivre avec authenticité. Comment alors arriver à dialoguer ensemble – et non à monologuer – à un certain niveau de profondeur?
Deux conditions incontournables s’imposent à nous qui voulons dialoguer avec nos contemporains, partager notre espérance en annonçant Jésus Christ de manière crédible.
La première : Développer ma relation personnelle avec le Christ Jésus.
Comment se porte ma relation avec celui qui se propose à moi comme le Chemin, la Vérité et la Vie? « Demeurez en moi comme je demeure en vous », disait-il (Jn 15, 4). Comment j’entretiens ce lien intime avec celui qui promet de nous garder vivants dans les passages que sont nos échecs, nos deuils et même notre propre mort? Par quels moyens vais-je nourrir cette relation cette année? Pourrais-je y consacrer du temps de qualité pour prier, vivre une retraite, lire, vivre une démarche d’accompagnement spirituel, etc.?
La seconde : Comprendre moi-même ce que je crois et pourquoi j’y crois.
Comme n’importe quel autre domaine de ma vie (santé, relations, travail, etc.), la foi se cultive, se réfléchit et se nourrit. Sinon, elle risque de devenir anémique. Comment mieux comprendre ma foi? Comment la réfléchir plus profondément afin de rendre compte, de façon intelligente et crédible, de l’espérance qu’elle m’apporte? Un moyen qui a fait ses preuves : la FORMATION.
Se former pour alimenter le feu qui nous fait vivre
Normalement, nos paroisses et/ou le diocèse offrent une formation de base aux gens qui s’impliquent en catéchèse, en liturgie, en accompagnement aux endeuillés, en chant, etc. Mais après un certain temps, on constate souvent un certain essoufflement chez les gens impliqués dans la mission pastorale, même chez les plus jeunes. Ceci nous fait poser la question : Est-ce que cette formation de base suffit?
S’il est vrai que l’agir découle de l’être, notre « être de disciple » (fondement de tout acte pastoral) doit être nourri par une formation initiale qui doit ensuite s’approfondir dans des activités de formation continue. Il ne s’agit pas seulement d’activités de ressourcement, mais bien de formations caractérisées par des contenus articulés et ponctués de moments d’intégration où chacun fait des liens avec son expérience.
En ce sens, la formation continue favorise chez la personne l’approfondissement de sa foi, nourrit sa vie spirituelle, développe son appartenance à l’Église, lui donne des mots et affermit sa sécurité intérieure pour avancer dans un engagement pastoral créatif et nourrissant. Tout un défi! Si le mot formation équivaut à travail sur soi, effort et exigence, investissement de temps et d’argent, il signifie aussi satisfaction, nourriture solide, recherche de cohérence, vitalité spirituelle enracinée dans la Parole, croissance et fécondité dans notre action pastorale. En alimentant le feu qui fait vivre les croyants, la formation est donc essentielle au dynamisme missionnaire de notre Église, elle qui « est dans le Christ comme un sacrement ou, si l'on veut, un signe et un moyen d'opérer l'union intime avec Dieu et l'unité de tout le genre humain.1 »
Communautairement, dans les prochaines années, comment nous ancrer davantage dans une espérance vraiment « chrétienne »? Personnellement, comme disciple du Christ mort et ressuscité, comment faire grandir notre espérance et nous enraciner davantage dans notre cœur profond, là où agit son Souffle de vie en nous et à travers nous pour ce monde?
Se former ensemble pour partager notre espérance
La formation initiale et continue permet de prendre conscience de l’espérance et de la nommer. En vous proposant certaines activités de formation en cours d’année, l’équipe des Services diocésains fait des choix qui vont dans le sens de cette espérance2.
Le fait de participer soi-même à des activités de formation est de loin le meilleur incitatif pour nos proches à vivre aussi des formations qui nourriront leur propre quête de sens et leur engagement pastoral : catéchètes, personnes impliquées en liturgie, marguilliers, jeunes leaders, responsables de mouvements, parents qui ont soif de creuser, etc. Loin d’être du gaspillage, c’est un des meilleurs investissements à faire pour l’avenir de l’Évangile dans notre coin de pays! Et heureusement, nous sommes ensemble pour bâtir cet avenir avec le Christ Jésus, par lui et en lui! Bonne année… de formation!
1- Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l’Église, no 1.
2- Vous pouvez imprimer l’encart Propositions de formations diocésaines pour les adultes – Automne 2009 sur www.diocesenicolet.qc.ca sous l’onglet « Actualités ».
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