Mardi, 7 février 2012
Revue diocésaine En communion

Vous êtes ici: Accueil > Communications >
Revue diocésaine
Retour à la page d'accueil


L'enjeu de la proximité

La mise en place de nouvelles paroisses dans le contexte du plan quinquennal de notre diocèse pose la question suivante :

  • Comment opérer un regroupement des forces dans une plus grande paroisse afin d’offrir un meilleur service de la mission, tout en ne perdant pas les avantages des plus petites paroisses, notamment l’esprit d’appartenance et l’identité communautaire liée à un village rural ou à un quartier urbain?

Cette question révèle un enjeu important, celui de la proximité. Lorsque des personnes expriment leurs résistances devant la disparition de leur paroisse, elles veulent souligner surtout la perte de cette expérience de proximité. Pour elles, disparaissent un à un les signes d’appartenance : leur nom, la présence du curé, le lieu d’accueil au presbytère, jusqu’à l’église elle-même. Comment alors nous étonner du « décrochage » ou du déclin de la vie paroissiale?

Une autre logique
Le regroupement des paroisses, devenu nécessaire dans le contexte actuel, ne résoudra pas la problématique de la vie des communautés et de la présence aux personnes. Il risque de n’être qu’une opération de centralisation qui lui ferait perdre un de ses éléments importants : la proximité. Mgr Albert Rouet, évêque du diocèse de Poitiers en France l’affirme :

« L’Église ne peut reprendre pour elle la logique des administrations civiles qui centralisent leurs activités pour les rendre plus rentables. Car l’Église a la charge de tous. Il faut changer de logique. C’est la manière de vivre ensemble qu’il faut changer. Partons des personnes, non des structures. Osons la proximité ».

Est-il possible de faire communauté dans son environnement proche, de continuer d’habiter évangéliquement son quartier, son village? Cela est un enjeu majeur pour réussir la nouvelle paroisse. Cette exigence de la proximité devrait nous conduire à développer la vitalité des communautés et à prendre soin des personnes, deux défis importants à relever.

Vitalité des communautés
Dans un regroupement de paroisses, ce qui doit être mis en question, c’est l’équation entre la paroisse et la communauté. Si la nouvelle paroisse permet de mieux répondre aux exigences de la mission aujourd’hui, elle doit en même temps assurer une consistance aux communautés locales issues des anciennes paroisses. Cela veut dire aider ces communautés à conserver leur appartenance, à se prendre en charge, à garder leur couleur propre. La proximité apprend à être responsable.

Cette prise en charge peut se faire dans un groupe comme le noyau communautaire. C’est un lieu où des croyantes et des croyants se rencontrent parce qu’ils ont à cœur la vie de leur communauté locale. Ils partagent leur souci que la communauté soit vivante et que l’Évangile soit annoncé dans le milieu. Il est un lieu d’apprentissage de la coresponsabilité.

La prise en charge pourrait encore se manifester dans la situation où on doit se départir de l’église. Pourrait-on choisir de maintenir le rassemblement dominical dans un autre lieu de culte? On pourrait conserver la célébration de l’Eucharistie même si la fréquence n’est pas hebdomadaire et on pourrait alterner avec des assemblées dominicales en attente de célébration eucharistique (ADACES) animées par une équipe de la communauté.

Soin des personnes
La proximité consiste aussi à assurer une présence de la communauté auprès des personnes, auprès des malades ou des aînés, de celles qui vivent de la solitude ou une épreuve. La proximité, c’est « se faire proche » comme l’illustre la parabole du bon samaritain. C’est aller à la rencontre de l’autre, l’écouter, en prendre soin. Le chemin de la fraternité est un incontournable parce qu’un des fondements de la mission d’évangélisation est l’attention et la présence aux personnes. C’est dans le lieu proche de la vie que l’Évangile peut être annoncé et vécu.

Dans une communauté rurale, un projet a été réalisé dans le but d’assurer cette forme de présence sur l’ensemble du territoire. Chaque secteur de la paroisse ou chaque rang est couvert par une personne qui se rend particulièrement attentive à ce qui se vit, à quelqu’un qui est hospitalisé, ou qui vit un deuil, ou qui fait face à la pauvreté. Elle peut ensuite confier à la communauté les besoins de ces personnes. Elle fait aussi la visite des nouveaux arrivants en leur faisant connaître les services offerts par la municipalité et par la paroisse.

Un autre exemple de proximité est la mise sur pied de projets qui répondent à des enjeux sociaux du village ou du quartier que ce soit dans la ligne d’une solidarité avec les pauvres du milieu ou encore d’une réponse à une situation que vivent les jeunes.

Conclusion
Pour appuyer ces propos, qu’il suffise en terminant de citer Alphonse Borras, prêtre belge qui nous a visités il y a quelques années : « Pas d’évangélisation sans proximité : faire part de la Bonne Nouvelle suppose de se rendre proche d’autrui, de se donner une chance de devenir son prochain, de nouer avec lui une solidarité et de s’accueillir dans une commune fraternité. Dans chaque communauté locale, des noyaux sont là pour assurer une présence évangélique et un témoignage ecclésial. »


© 2008-2012 CECR Nicolet. Tous droits réservés.