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Revue diocésaine
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Au cours des années 90, les besoins pastoraux se transforment et on prend conscience qu’il faut sortir d’une pastorale axée principalement sur la célébration. L’avènement du projet Souffle et l’orientation diocésaine qui en découle interpellent les communautés paroissiales à devenir une Église plus humaine qui accueille les gens sans préjugés à la manière de Jésus. Dès ce moment, on met l’emphase sur l’expérience de vie de la personne avant l’acquisition de connaissances sur Dieu et la foi. On parle beaucoup de « aller vers » c’est-à-dire sortir de nos lieux habituels, de nos églises pour aller sur le terrain des gens. En 2001, l’Église de Nicolet accueille le projet d’évangélisation « Ta rencontre un élan de vie ». Il interpelle à favoriser la rencontre de Dieu et de Jésus Christ. Voilà tout un défi missionnaire!
Le processus qui vise à former de nouvelles paroisses s’enclenche dans cette dynamique de renouveau missionnaire. La paroisse est sollicitée. Un constat émerge; les paroisses, telles qu’on les connaît à ce moment, ne peuvent réaliser seules la mission d’évangélisation parce que les défis pastoraux sont de taille : « Il est nécessaire de comprendre les enjeux de la société moderne et de nous rendre présents sur la place publique, non pas en prétendant que nous avons la réponse adéquate sur tout, mais parce que nous pensons pouvoir aider la société d’aujourd’hui à s’humaniser et à s’engendrer dans plus de justice et de vérité. »1 Dès lors, il faut envisager des collaborations interparoissiales qui permettront de mieux répondre à la mission d’annoncer l’Évangile comme une bonne nouvelle pour le monde d’aujourd’hui.
C’est l’interpellation qui sera lancée dès 1997, dans la première démarche de discernement qui sera vécue dans toutes les régions du diocèse. Chaque paroisse sera d’abord invitée à se donner un projet missionnaire à partir des quatre dimensions de la mission : la fraternité, l’éducation de la foi, la présence au monde et la célébration. Les paroissiens seront aussi invités à indiquer à l’évêque le type de collaborations interparoissiales qu’ils souhaitent développer (échange de services – secteur – unité pastorale – nouvelle paroisse) et à identifier avec quelles paroisses environnantes ils souhaitent développer le type de collaboration souhaitée. Dès ce moment, s'ouvre aux paroissiens l’horizon de la nouvelle paroisse.
Au tournant de l’année 2000, le visage du diocèse se transforme. Des unités pastorales vont naître. L’évêque nommera des équipes d’animation pastorale (composées de prêtres et d’agentEs de pastorale) qui reçoivent la responsabilité de l’animation pastorale des paroisses qui composent l’unité pastorale. Dans d’autres milieux, on développera des collaborations de secteur ou on échangera des services pastoraux ou administratifs. Au fil des ces expériences, on reconnaîtra l’importance de s’ouvrir aux paroisses voisines afin de réaliser les défis missionnaires. On est de plus en plus conscient que l’avenir d’une communauté passe par le regroupement des forces vives. Ainsi, la formation des unités pastorales a levé les barrières pastorales entre les communautés. Cependant, une difficulté importante demeure. La dimension administrative des paroisses provoque de grandes lourdeurs et, malheureusement, empêche parfois la création de nouveaux projets pastoraux.
Depuis cinq ans, de nouvelles paroisses sont érigées. On les voit naître d’abord dans le milieu urbain, à Victoriaville puis ensuite à Drummondville. À l’automne 2007, notre évêque procède au lancement d'un plan quinquennal vers les nouvelles paroisses. À ce moment, il affirmera avec force : « le statut quo n’est plus possible ». Désormais, il faut envisager résolument des regroupements en de nouvelles paroisses dans lesquelles des communautés locales continueront à exister. Depuis ce temps, deux nouvelles paroisses ont vu le jour en milieu rural. Dans les prochains mois, toutes les autres paroisses seront interpellées à poursuivre leur cheminement vers la nouvelle paroisse.
Ces changements vécus ou annoncés créent des bouleversements et provoquent de l’inquiétude. Certains rêvent de revenir en arrière et de remplir les églises. D’autres s’inquiètent de leur avenir et croient que la nouvelle paroisse provoquera leur perte. Enfin, des gens expérimentent la nouvelle paroisse et témoignent qu’il y a une vie possible après la formation d’une nouvelle paroisse. Bien sûr, la nouvelle paroisse est un grand défi. Comment s’assurer de ne pas perdre une proximité aux divers milieux de vie dans des ensembles paroissiaux plus vastes? Des projets neufs pour une nouvelle évangélisation naîtront-ils? L’avenir des lieux de culte suscite aussi de l’inquiétude. Pourrons-nous les maintenir tous? Un fait est indéniable, les communautés ne peuvent se replier sur elles-mêmes. Il y aura un avenir dans la mesure où des communautés vont accepter de mettre en commun leurs ressources et de se solidariser afin d’envisager l’avenir autrement.
« Un chantier immense s’ouvre. Comme pour Abraham, l’ancêtre des croyants, il nous est demandé de quitter une réalisation d’Église qui nous est familière, d’aller vers l’inconnu et de faire confiance au Dieu des promesses et des surprises qui, dans la fidélité, tient toujours à venir habiter chez nous, pas nécessairement de la manière que nous prévoyons. »2
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[1] Normand Provencher, « Oser l’espérance dans notre pastorale » dans Prêtres et Pasteurs, novembre 2009, p. 581.
[2] Ibid., p. 578.
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