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Nicolet, le 30 septembre 2011 – La priorité pastorale diocésaine est la lentille à travers laquelle les personnes qui œuvrent à la vie de l’Église, dans tous les milieux, sont invitées à porter leur regard sur leur engagement et sur le monde. Lancée mercredi soir dernier à Drummondville devant une assemblée de quelques centaines de personnes, son thème s’inspire d’un passage de l’évangile de Jean : à la fin d’un repas, Jésus se met à laver les pieds de ses disciples, suscitant leur étonnement et leur plus totale incompréhension. À leur suite, les chrétiennes et les chrétiens du diocèse de Nicolet lancent la question : « Qui donc es-Tu pour nous aimer autant? »
« Il s’agit d’une clé de relecture : une façon de se questionner sur ce que l’on fait, comment on entre en relation avec les personnes que l'on rejoint, dans toutes sortes de situations, et qui cherchent à donner du sens à leur vie avec la foi chrétienne », explique Marijke Desmet, coordonnatrice des Services diocésains, dans l'Église de Nicolet. Les personnes qui ont participé au lancement, à l’invitation des Services diocésains, ont approfondi le sens de cette priorité pastorale et continueront de le faire au cours des prochains mois. « L’objectif que nous sommes tous invités à rapporter chez nous, dans nos milieux, c’est de nous laisser toucher par l’amour débordant et gratuit de Dieu donné en Jésus Christ, pour épouser son regard sur le monde. Et c’est ce regard qui doit inspirer toutes nos actions, teinter nos façons de vivre la mission », poursuit-elle.
Des centaines de personnes s’impliquent à longueur d’année, dans les paroisses et les unités pastorales du diocèse. Chaque rentrée est une occasion pour ces gens de se donner un élan et de nourrir leur engagement, qu’il s’exerce auprès des couples et des familles, des jeunes en formation à la vie chrétienne, des personnes dans le besoin, des aînés ou des adultes qui portent des questions importantes sur la vie et sur la foi. Ce temps de ressourcement revêtait cette année un autre aspect très particulier, puisqu’il s’agit de la première rentrée pastorale vécue en compagnie du nouvel Évêque de Nicolet. Une occasion pour de nombreuses personnes de faire connaissance avec Mgr André Gazaille : « Qui donc es-tu? » lui a-t-on demandé pour qu'il se présente.
Entré en fonction officiellement lors de la célébration qui s’est tenue le 11 septembre dernier, à la cathédrale de Nicolet, ce récent lancement était son premier véritable rassemblement diocésain en tant qu’évêque. Cet événement a permis à Mgr Gazaille de se présenter à ses nombreux collaborateurs et collaboratrices, d’abord en tant qu’homme, puis en tant que prêtre – il a travaillé en paroisse pendant 35 ans – et comme évêque. Mais dès à présent, il est surtout enthousiaste à l’idée de connaître ces personnes à leur tour : « Il va d’abord falloir que j’aille chez eux, c’est un besoin pour moi. C’est une façon d’entrer dans le diocèse par l’entremise des personnes, et non des structures », dit-il. Les mois à venir le verront donc répondre aux invitations des communautés et différents groupes qui composent l’univers diocésain, pour leur rendre visite.
L’aîné d’une famille de six enfants – trois filles et trois garçons – a grandi dans un secteur de la Ville de Laval considéré à l’époque comme un milieu modeste, abritant notamment une prison fédérale. Son éducation chez les frères maristes l’a vu adopter, dès son jeune âge, la religion du collège : le hockey! Le sport et les études ont donc été les principales préoccupations du jeune homme, fils de commerçant, qui se destinait d’abord à la médecine. « Je crois que j’aurais fait un très bon médecin, mais j’étais plus porté sur la recherche, car j’avais un tempérament solitaire, pas très public », reconnaît-il.
Cet aspect de sa personnalité a rendu d’autant plus déroutant l’appel qui allait le conduire au sacerdoce, alors qu’il côtoyait, au Collège Saint-Ignace, des séminaristes en cheminement chez les Prêtres du Sacré-Cœur. « Prêtre, ce n’était pas tellement dans mes cordes ». Sa première année au Grand Séminaire fut donc, selon ses dires, la pire année de sa vie : « Passer des sciences à la théologie et à la philosophie, c’était toute une adaptation, se rappelle-t-il. De plus, je suis entré au Grand Séminaire en 1967 : les cours de philo, ça swingait dans ce temps-là! » Mais l’appel à la vie consacrée est un phénomène mystérieux, étrange… et même bizarre, dit-il. Si bien qu’il qualifie aujourd’hui le temps où il a œuvré comme curé de paroisse de période la plus extraordinaire de sa vie… « Jusqu'à maintenant! », précise-t-il.
En 2006, un nouvel appel allait se présenter à lui et le déstabiliser : l'Église avait besoin de lui comme évêque. « Cela a été une grosse surprise… et ça ne m'intéressait pas! », lance-t-il. Quitter les relations et l'esprit d'équipe développés en paroisse était en outre un véritable deuil à vivre. « J'ai aimé la fonction de curé : mon rôle était de permettre à chacun de découvrir ses charismes, pour l'ensemble de la communauté », souligne-t-il. Mais André Gazaille est de ceux qui croient que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Tout comme sa vie en paroisse l'a formé à devenir un pasteur, il s'est engagé à apprendre le « métier » d'évêque en tant qu'auxiliaire, aux côtés de Mgr Jean-Claude Turcotte, à Montréal.
Espérant qu'on lui confie pleinement la responsabilité d'une Église locale, l'appel à prendre la charge du diocèse de Nicolet fut pour lui, l'été dernier, une bonne nouvelle. « J'étais heureux de ça », confie-t-il. Et nullement déçu, bien au contraire, qu'il s'agisse d'un diocèse à taille humaine avec une importante réalité rurale. « Le centre-ville de Montréal, je n'ai pas besoin de ça! », assure celui qui saura profiter des pistes cyclables et sentiers de ski de fond du Centre-du-Québec, pour l'entrainement physique auquel il est fidèle.
Arrivé à Nicolet depuis à peine trois semaines, il espère y retrouver un esprit d'unité dans la grande diversité. « J'apprends à connaître ce qui se fait au niveau diocésain et dans les milieux mais, surtout, j'apprends à connaître les gens qui le font », apprécie l'Évêque. S'il admet en savoir bien peu encore sur la réalité des gens d'ici, il se fait on ne peut plus ouvert à la découverte. Cette entreprise se poursuivra dans les prochains mois, avec la confiance qu'il accorde aux personnes engagées au service de l'Église diocésaine, en prenant le temps d'écouter, d'observer et de se faire collaborateur des équipes qui portent la mission.
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Source : Jacinthe Lafrance
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