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Vivre le pardon

Une démarche pour rencontrer le Seigneur dans sa miséricorde

par Robert Richard, prêtre

Je vous propose une préparation du cœur, une sorte de disposition intérieure pour rencontrer Jésus, celui qui, dans toute sa maturité spirituelle pourra vous dire, au nom de Dieu : « je t’aime sans condition, il en a toujours été ainsi; je veux te relever d’un passé qui te pèse et dont tu n’es pas très fier-fière; refaisons alliance ensemble pour que tu vives de nouveau et que tu sois dans la joie ».

Dans une démarche qui pourrait devenir sacramentelle
Ce qui suit est un peu audacieux, car il s’agit d’une démarche de réconciliation avec le Seigneur. Je vous imagine, fronçant les sourcils et semblant me dire : « Tu ne vas tout de même pas nous parler du sacrement du Pardon? » Je veux juste vous dire que ça pourrait effectivement aller jusque-là. Ça dépendra de vous. Pour l’instant, ne brûlons pas d’étapes.

Mais qui se travaille d’abord
Renouer avec le Seigneur, ça se travaille. D’abord à l’intérieur de soi. Et ça ne se fait pas forcément en une seule étape. La démarche qui suit, vous aurez peut-être à la reprendre plusieurs fois. Le Seigneur est patient et se donne à rencontrer dans notre temps.

[N.B. Cette démarche pourrait être reprise dans une rencontre sacramentelle avec un prêtre. Mais, soyons clairs : je ne parle pas ici d’une rencontre vite faite, en deux minutes, avant une messe dans un confessionnal. Ce que je propose ici suppose, après préparation, de prendre rendez-vous avec un prêtre de votre choix, ou dont le nom vous aura été suggéré, et de le rencontrer personnellement, en toute simplicité, à un moment que vous aurez fixé ensemble. Vous pourriez alors imprimer deux copies de la démarche qui suit et lui en apporter une.]


Version imprimable  Version imprimable de la démarche

Démarche pour rencontrer personnellement le Seigneur dans sa miséricorde
(ce qui suit s’inspire de la structure et de certaines prières proposées dans le Livre de célébration
de la Pénitence et de la Réconciliation approuvé pour les catholiques du Canada en 1979)

  1. Je me retire dans le calme, loin du téléphone. Je m’assure de n’être dérangé-e par personne. C’est mon espace et mon temps à moi. Bien assis-e, je prends conscience de ma respiration, de mon corps, de la vie qui circule en moi. Je dépose mes mains ouvertes sur mes cuisses, paumes vers le ciel, dans une attitude d’ouverture au Seigneur.

  2. Temps de silence pour me disposer devant le Seigneur.

  3. Je dis, à voix haute, lentement, plusieurs fois s’il le faut, la prière suivante :
    (si je choisis éventuellement de rencontrer un prêtre, il pourrait la dire avec moi)

    Seigneur Dieu, ton amour est plus fort que nos offenses
    et tu accueilles sans condition celui, celle, qui s’efforce de revenir à toi.
    Regarde-moi avec bonté, aide-moi à reconnaître devant toi
    mes manquements au grand amour que ton Fils Jésus nous appelle à vivre.
    Donne-moi [de célébrer le sacrement de ta miséricorde et] de changer ma vie,
    pour connaître avec toi une joie que personne ne pourra m’enlever.
    Je te le demande par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

  4. Temps de silence pour m’ouvrir davantage au Seigneur.

  5. Je lis, toujours à voix haute, les extraits suivants, légèrement paraphrasés, du Psaume 138 (139), en ne me gênant pas pour y intercaler, autant que nécessaire, mes propres paroles.

    Je me place en situation de confiance et en vérité devant le Seigneur :

    Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais,
    tu connais mon cœur.
    Avant même qu’un mot ne parvienne à mes lèvres,
    Seigneur, tu le sais.
    (temps de silence)

    Je fais un pas de plus en confessant au Seigneur ce qui m’empêche d’aimer :

    Les ténèbres m’écrasent, Seigneur :

    [Qu’est-ce que ces ténèbres?
    Je prends le temps, tout le temps qu’il faut, pour identifier avec Dieu
     les actions, les attitudes, les comportements
    non porteurs de vie et d’amour
    que j’ai parfois, ou que j’ai pu avoir,
    dont je voudrais qu’il me libère,
    pour lesquels je voudrais l’entendre me dire :
    « Va, tes péchés sont pardonnés. Maintenant, relève-toi et marche! »]

    (temps de silence)

    Je fais un acte de foi en l’amour puissant du Seigneur :

    Mais la nuit devient lumière autour de moi.
    Même la ténèbre pour toi, Seigneur, n’est pas ténèbre,
    et la nuit comme le jour est lumière!
    (temps de silence)

    Je me regarde, en toute humilité, avec le regard du Seigneur :

    C’est toi, Seigneur, qui m’as créé-e,
    qui m’as tissé-e dans le sein de ma mère.
    Je reconnais devant toi le prodige,
    l’être étonnant que je suis.
    (temps de silence)

    Je reconnais que le Seigneur dépasse tout ce que je peux imaginer de lui :

    J’étais encore inachevé, tu me voyais…
    Toi, tu me connais depuis toujours,
    moi, je te découvre.
    Ta bonté dépasse tout ce que je peux imaginer
    et tu veux faire de moi un être accompli.
    (temps de silence)

    J’exprime au Seigneur que je ne comprends pas tout de lui mais que je veux le connaître :

    Que tes pensées sont pour moi difficiles!
    Aide-moi à te connaître, Seigneur,
    à t’ouvrir mon cœur,
    à te laisser m’apprendre qui tu es,
    à te laisser m’apprendre qui je suis pour toi.
    (temps de silence)

    Je suis conscient-e que je reste un être fragile et je confie tout ça au Seigneur :

    Vois, Seigneur, si je prends le chemin des idoles,
    vois si je prends le chemin des faux dieux…
    Aide-moi à me détourner de tous les chemins de mort…
    Et conduis-moi sur le chemin d’éternité.
    oui, conduis-moi, Seigneur, sur le chemin de ta Vie.

  6. Je prends un bon temps pour intérioriser la confession que je viens de faire.

  7. Je lis maintenant, à voix haute, cet extrait de la parabole racontée un jour par Jésus. Je me place dans la peau de ce fils qui, après avoir coupé la relation avec son père, décide, timidement et avec une certaine crainte, de revenir à la maison.

    La Bible, évangile selon saint Luc, chapitre 15, 20 à 24 :
    Comme le fils était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils… » Mais le père dit à ses domestiques : « Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. » Et ils commencèrent la fête. (Copyright AELF — Paris — 1980 — Tous droits réservés.)

    Je relis ce texte lentement. J’essaie de percevoir les sentiments du fils qui est accueilli ainsi par son père.

    Je me laisse toucher, aussi, par la joie du père. J’entre dans la joie de ce père. Et je pense que c’est cette joie que le Seigneur éprouve envers moi à ce moment-ci. Je visualise le Seigneur courant jusqu’à moi pour m’embrasser avec tendresse, pour me serrer fort dans ses bras. Je l’imagine commandant la fête… pour moi, pour mon retour.

  8. Dans ma reconnaissance envers le Seigneur et son amour, je cherche, j’identifie un signe de ma conversion… un geste d’accueil de ce pardon de Dieu. (si je suis en présence d’un prêtre, celui-ci pourrait m’aider à en identifier un). Je pourrais me demander si je peux, concrètement, envisager une forme de réparation du mal que j’ai commis. Si c’est impossible, ou si ce n’est pas possible pour le moment, je cherche une autre forme d’action positive. J’ouvre tout cela au Seigneur et je le laisse m’inspirer. Tout cela, c’est pour me tourner toujours davantage vers lui.

  9. Si je choisis éventuellement de rencontrer un prêtre, c’est à ce moment-ci qu’il pourrait prononcer les paroles sacramentelles d’absolution.

  10. Je remercie le Seigneur pour son pardon, spontanément ou avec les mots suivants (dans une rencontre avec un prêtre, celui-ci pourrait les dire avec moi)

    Dieu notre Père, de qui vient toute lumière,
    tu as tellement aimé le monde que tu nous as envoyé Jésus, ton Fils unique,
    non pas pour nous juger et nous punir,
    mais nous dire à quel point tu nous aimes,
    et pour nous relever, pour vraiment faire de nous des Vivants.
    C’est par lui que maintenant je te demande de nous assister en toute chose :
    rends-nous capables de t’aimer
    et de nous aimer les uns les autres;
    mets en nos cœurs la foi,
    dans notre conduite, justice et bonté,
    sur nos lèvres, la vérité,
    dans toute notre vie, la sagesse.
    Merci de te révéler à moi dans ton pardon.
    Aide-moi maintenant à témoigner devant les autres de ta bonté.
    Je te le demande par le Christ, notre Seigneur. Amen.

  11. Si je suis en présence d’un prêtre, celui-ci me donne la bénédiction de Dieu.

  12. Fin de la démarche.

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