Vous êtes ici: Accueil > Besoins > Formation > Formations diocésaines
Retour à la page d'accueil
En résumé sur cette page...
- Propositions de formations diocésaines pour les adultes
- Habiter l’Église aujourd’hui… par Lionel Émard, prêtre
MISE À JOUR : Guy Lebel, 27 septembre 2010
AU NIVEAU DU DIOCÈSE OU DES ZONES
AU NIVEAU DES PAROISSES OU DES UNITÉS
INFORMATION SUPPLÉMENTAIRE :
www.diocesenicolet.qc.ca – 819-293-6871
![]()
par Lionel Émard, prêtre
C’est encore l’abbé Gérard Marier, de la Communauté du Désert, qui a trouvé le mot juste pour résumer ce qu’ont été ces deux jours et demi de la 38e session de pastorale des diocèses de Trois-Rivières et de Nicolet, qui se déroulait à l’Université du Québec à Trois-Rivières, sous le thème « Habiter l’Église aujourd’hui... »
Gérard Marier a trouvé merveilleux que la session ait débuté par ce témoignage du cinéaste Bernard Émond qui a parlé des trois vertus théologales, la foi, l’espérance et la charité, tout en affirmant qu’il ne croyait pas en Dieu, et que cette même session se termine sur une réflexion d’un théologien croyant, Rodolfo Felices Luna, sur la foi, l’espérance et la charité.
La mise en route a été inspirante avec ces rencontres de témoins comme Bernard Émond, avec cette affirmation forte : « Au cœur de la foi, il y a le doute. » Ou bien cette autre parole : « La foi consiste à écouter le silence de Dieu. » Puis cette rencontre avec Michel Simard, du centre Le Havre, un centre d’accueil d’urgence; il nous a parlé de « ce désert comme lieu sans monde. » Le témoignage des deux évêques, Mgr Martin Veillette et Mgr Raymond St-Gelais a permis de découvrir le cœur et la source de leurs préoccupations premières. En plus de nous parler des fragilités qui nous habitent et habitent l’Église, Mgr Veillette venait nous dire : « Ce qui est premier, c’est l’Évangile, l’Église c’est après ». Quant à Mgr St-Gelais, il posait cette question : « Comment faire pour que l’Évangile puisse être une Bonne Nouvelle, une inspiration aujourd’hui et que les 20-40 ans habitent l’Église? » Il y a eu cette prise de parole de Blaise Gagnon, de la pastorale sociale du diocèse de Trois-Rivières, et de Carmen Lebel, responsable de la pastorale des recommençants du diocèse de Nicolet; ils nous ont parlé de leurs expériences sur le terrain pour montrer comment on habite l’Église en habitant le monde.
Avec cette mise à table, les 212 personnes présentes à la 38e session de pastorale étaient prêtes à entendre les deux autres personnes ressources de la session, Stéfan Thériault, directeur du centre Le Pèlerin et Rodolfo Felices Luna, professeur de théologie à l’université de Sherbrooke.
Après nous avoir rappelé la caractéristique fondamentale de l’Église qui en est une d’accompagnement, Stéfan Thériault s’est servi de la parabole de l’enfant prodigue (Lc 15, 11-35) pour montrer comment on pouvait habiter l’Église comme Fils prodigue, comme Fils aîné et comme Père. L’Église du fils prodigue est une Église vulnérable, pauvre et en recherche. « C’est l’Église du Québec où le fils prodigue est parti avec l’héritage chrétien. » L’Église du fils aîné souffre elle aussi dans son service, dans sa fidélité. « C’est l’Église où on est épuisé de faire et où l’on rêve d’une Église de l’être. » L’Église du Père, « c’est celle du dénuement, de l’attente, du pardon et de la fête. » Pour appuyer ces images de l’Église de la parabole du fils prodigue, Stéfan Thériault a fait parler un témoin privilégié de cette Église, Jean Vanier. Jean a parlé de la vulnérabilité de l’être humain et de celle de Dieu. Le fils prodigue, blessé dans sa quête de liberté, le fils aîné, blessé dans son sentiment d’inutilité et le Père, vulnérable dans son don, son attente et son amour.
Après ce regard sur cette Église vulnérable, l’animateur a invité son auditoire à jeter un regard sur l’être humain lui-même sous le thème de l’identité filiale avec ces mots forts : « Le mystère chrétien est un mystère de la Parole. Chacun de nous est Parole de Dieu. Chacun de nous s’inscrit dans un dialogue. »
Qui le croira, la 3e journée de la session a porté exclusivement sur les trois vertus théologales : la charité, la foi, et l’espérance? Mais attention, le théologien Rodolfo Felices Luna l’a fait avec une approche toute particulière. Il s’est appuyé sur la première Lettre de saint Jean et les commentaires qu’en ont fait saint Augustin, dans son Traité sur la lettre de saint Jean et Benoît XVI, particulièrement avec son encyclique Dieu est amour.
La présentation de l’animateur en était une de va-et-vient, de la Lettre de saint Jean aux réflexions d’Augustin et de Benoît XVI. La présentation sur l’amour comme vertu théologale s’est terminée par un dialogue avec le directeur du centre Le Havre, Michel Simard. Il s’est attardé à montrer comment se vit la fraternité concrètement. Il nous a rappelé que « la fraternité n’est pas quelque chose que je choisis, mais ce qui met au monde comme personne. »
Et nous sommes allés aux vertus de l’espérance et de la foi. Là aussi, c’était un va-et-vient de la Lettre de saint Jean aux réflexions de saint Augustin et de Benoît XVI sur ces vertus théologales. Le point d’intérêt de sa présentation a été de démontrer l’interpénétration des ces trois vertus : Comment aimer sans croire? Comment aimer sans espérer? Toute cette présentation, une participante de la session l’a résumée en ces mots : « Quelqu’un l’a fait à ta place. »
Un mélange de haute voltige intellectuelle et une approche au ras le sol, voilà comment on peut qualifier la 38e session de pastorale des diocèses de Trois-Rivières et de Nicolet. À la fin de cette session, les participant(e)s repartent-ils avec une idée plus claire de ce qu’est « Habiter l’Église aujourd’hui »? Le chant thème de la session, composé par Robert Richard, peut nous aider à repartir avec un air de déjà entendu, mais toujours à réentendre pour saisir ce que signifie « Habiter l’Église aujourd’hui. »
© 2008-2012 CECR Nicolet. Tous droits réservés.