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15 juin 2009
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BILLET DE L'ÉVÊQUE
Chemin faisant
Mgr Raymond St-Gelais, évêque de Nicolet
Chaque jour, nous avons à nous remettre en marche. Comme Église, nous sommes soumis aux aléas de la route. Mais absorbés par les soucis quotidiens, nous oublions parfois l’importance de l’aventure dans laquelle nous sommes engagés. Aussi le Carême est-il venu nous relancer. Tout comme Jésus, « poussés par l’Esprit » nous avons été conduits au désert et, tels des pèlerins, nous avons entrepris la montée vers Pâques.
ROUTE
À vrai dire, l’image de la route nous est familière. Nous nous souvenons d’Abraham qui a entendu l’appel : « Quitte ton pays pour le pays que je t’indiquerai » (Gen 12,1) et, « par la foi, Abraham obéit et partit ne sachant où il allait » (He 11,8). Nous nous souvenons de la traversée de la Mer Rouge par le peuple hébreu, de ses longues errances dans le désert et de son entrée dans la Terre promise. Et pour mieux comprendre notre propre expérience, il nous arrive d’évoquer la route de l’exil vers Babylone, où le peuple laisse derrière lui le temple pillé et détruit, la ville dévastée. Nous savons qu’il y a eu une route de retour à Jérusalem.
Par-dessus tout, nous reconnaissons en Jésus celui qui chemine sur les routes de Galilée, de Samarie et de Judée. Il se présente lui-même comme « le chemin et la vérité et la vie » (Jn 14,6). Nous sommes, nous aussi, appelés à emprunter la route de Jéricho, comme le Samaritain, et, comme les disciples désabusés, celle d’Emmaüs.
REGARD, DISCERNEMENT
La marche sur la route nous permet des rencontres et des passages qui mettent notre foi et notre espérance à l’épreuve et qui transforment. Sur sa route, notre Église rencontre le monde : sa culture, ses mentalités, ses valeurs. Nous sommes attentifs aux courants qui le traversent, aux événements qui s’y déroulent, aux rapports qui s’y instaurent entre les personnes et les communautés. Nous observons ses « joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses ».
Notre regard n’est pas indifférent. C’est un regard du cœur : les joies et les tristesses et les angoisses du monde, comme Église nous les partageons. D’ailleurs, face à elle-même et à son avenir, notre Église éprouve alternativement et parfois simultanément inquiétude et espoir. Nous vivons l’expérience spirituelle de l’exil. Comme le peuple de l’ancienne alliance, notre Église a été dépouillée de sa puissance et de ses ressources d’autrefois.
ACTION
Mais nous demeurons attentifs à ce que « l’Esprit dit aux Églises » (ap 1,7). Nous devenons conscients de nos fragilités : faiblesse dans notre foi, mollesse dans notre réponse aux appels du Seigneur, lenteur et résistance à nous engager dans le monde. Mais nous observons aussi ce qui pointe de neuf : un rapport plus vivant à la Parole, une volonté de développer la fraternité évangélique, le sens d’une responsabilité dans une Église où la vocation des baptisés s’articule plus harmonieusement avec les ministres ordonnés.
Dans son discernement, notre Église a reconnu l’importance vitale de communautés chrétiennes qui puisent à l’Évangile leur élan missionnaire. D’où l’émergence de notre plan quinquennal sur l’avenir des paroisses. La démarche est déjà enclenchée. Le double virage communautaire et missionnaire demeure une visée de fond.
Par ailleurs, les défis actuels de l’évangélisation nous invitent à nous engager sur le terrain de la formation des adultes à la vie chrétienne. Le contexte pluraliste actuel rend plus urgente cette option. Il y va de l’avenir de l’Église d’ici. Sans un réel effort auprès des adultes, le travail auprès des jeunes ne portera que peu de fruit à long terme. Car rien ne peut remplacer le témoignage d’un adulte dont la foi est plus intégrée et capable de se dire par le témoignage de sa vie.
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