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En communion, Église de Nicolet

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Dernière mise à jour: 15 juin 2009
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Les Journées Sociales
[Avril-Mai 2009]

Pour chaque numéro de la revue En Communion, l'équipe de rédaction de la revue met un minimum de trois articles à votre disposition sur notre site Internet.

Les articles de la revue disponible en ligne :

  1. Propos de la rédaction - « Et j'ai appris »
  2. Billet de l'évêque - Chemin faisant
  3. Pour un Québec famille!

Derniers numéros de la revue

- Quand c'est fondamental pour vous...
Vol. 22, N° 06, Juin-Juillet 2009
- Les journées sociales
Vol. 22, N° 05, Avril-Mai 2009
- Les relations des chrétiens avec la terre
Vol. 22, N° 04, Mars 2009
- De l'église à l'Église
Vol. 22, N° 03, Janvier-Février 2009
- La formation à la vie chrétiene
Vol. 22, N° 02, Novembre-Décembre 2008
- Ayez du coeur les uns pour les autres!
Vol. 22, N° 01, Septembre-Octobre 2008
- Semée, la Parole a germé!
Vol. 21, N° 06, Juin-Juillet-Août 2008
- Garder la foi!
Vol. 21, N° 05, Avril-Mai 2008

PROPOS DE LA RÉDACTION


« Et j'ai appris... »

J. Martyne Desmeules, rédactrice en chef et
responsable des communications sociales

Dehors, il fait un temps splendide. Un temps de renaissance. Il fait un temps qui me rappelle cette enfance où je prenais plaisir à escalader les planches moisies de la vieille grange où nous trainions; un temps qui me rappelle cette enfance où j’étais si heureuse, dans l’absolu. Heureuse et insouciante. Parce que je ne savais pas. Pas encore, du moins.

Toute petite, je me souviens de différents bonheurs qui me maintenaient dans un esprit d’abondance prospère; encore là, j’ignorais ce qu’était la pauvreté réelle. Jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que notre famille soit affectée par l’alcoolisme.

Martyne et sa veste rougeUn printemps, maman m’a offert une jolie veste cirée. Rouge. J’adorais le rouge. J’étais si fière de ma veste ! Je la portais tout le temps. Peu de temps plus tard, pendant la récréation, cette veste m’a fait pleurer. J’ai su que nous étions « différents » des autres familles « normales » quand Nadine, une petite fille de l’élémentaire, m’a fait remarquer que la veste que je portais était la sienne, l’an passé. Vraiment ? Pour preuve, elle m’a montré que la poche intérieure avait été cousue à la main, par sa mère. Je n’y comprenais rien. C’était pourtant ma mère qui me l’avait offerte, cette veste.

Puis j’ai soudainement mis ensemble, avec toute la logique que me laissaient mes 9 ans, les pièces du casse-tête. Tout s’expliquait, sans que je puisse en comprendre pourtant toutes les implications. J’ai connu la honte, sans pouvoir expliquer ce que c’était. En secret, au retour à la maison, j’ai jetée la veste qui n’était pas à moi. Sans savoir que je ne pourrais en avoir une autre dans l’immédiat. Sans savoir que j’allais blesser ma mère, en lui avouant pourquoi. Sans savoir que malgré tout, je devais être heureuse de pouvoir avoir une veste.

Les Journées socialesÀ la maison, ce même soir, j’ai demandé à maman si nous étions pauvres. J’avais déjà vu des «pauvres» dans les films, qui vivaient dans des roulottes insalubres, mais je n’avais jamais pensé que je pouvais l’être, que je pouvais leur ressembler. Toute ma vie, sa réponse a raisonnée dans ma tête. « Une personne n’est pauvre que si elle décide de l’être. » Ah bon. Je n’allais certainement pas décider de l’être. Puis elle m’a expliqué, à la hauteur de mes neuf ans, comment et pourquoi. Et ce qu’il fallait faire. Par dessus tout, elle m’a surtout appris, ce soir-là, que l’amour n’arrivait pas à tout résoudre. Qu’il fallait une volonté de fer pour changer certaines situations. Et que, parfois, on bénéficie du partage de la richesse des autres pour passer à travers. Heureusement!

J’en ai eu, de la chance, de vivre dans cette famille! De la chance, parce que j’ai appris. Parce que malgré tout, nous étions si riches de bonheur, parfois, de sourires, souvent, de rires. Nous étions riches de pouvoir compter sur nous et sur les autres. J’ai appris à apprécier tous les petits bonheurs. À étudier, aussi, très fort, pour « me rendre plus loin ». J’ai appris à faire de grandes choses à partir de peu. Appris à aider, à comprendre, à pardonner, parfois. Et compris.

J’espère que mes enfants ne verront jamais cette face-là de la réalité. Qu’ils pourront grandir dans l’environnement sécurisé que je leur offre avec toute la générosité du monde. Ils auront bien assez tôt à se battre, comme je l’ai fait avant eux, dans un monde de consommation où l’abondance est un signe de réussite. D’ici là, ils apprennent que ce qui me motive à travailler si fort, tous les jours, c’est le partage. La collectivité m’a, un jour, beaucoup donné. C’est avec grâce que nous lui rendons, ma famille et moi, à notre tour. Parfois, les plus belles leçons sont tirées d’un difficile apprentissage. Et j’ai appris.

Je profite de cette parution pour remercier ma mère, Cécile. Bonne fête des mères à toutes !


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