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10 avril 2009
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BILLET DE L'ÉVÊQUE
Un coeur de pasteur
Mgr Raymond St-Gelais, évêque de Nicolet
L’année de saint Paul nous amène à découvrir en lui un véritable cœur de pasteur. Plusieurs passages de ses lettres l’illustrent bien. Mais prenons comme point de départ son discours d’adieu aux anciens d’Éphèse, à Milet (Ac 20,17-38).
« ÊTRE AVEC »
Ces discours que l’on appelle aussi le « testament pastoral de Paul », rappelle ses rapports avec la communauté qu’il a guidée pendant trois ans dans son cheminement de foi. D’entrée de jeu il leur déclare : « Vous savez quelle a toujours été ma conduite à votre égard depuis le jour de mon entrée en Asie…Je n’ai rien négligé de ce qui pouvait vous être utile » (Ac 20, 18. 20). Par cette entrée en matière, nous comprenons que Paul se sent uni à la communauté, qu’il y est connu, familier parmi les siens. C’est un homme qui a vécu au milieu de son peuple. Il exerce un ministère fondé sur la notion « d’union avec », sur la communication, sur la vie en commun.
Aux Corinthiens, l’apôtre ouvre son cœur : « Nous nous sommes librement adressés à vous, Corinthiens, notre cœur s’est grand ouvert. Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous » (2 Cor 6,11-12). Il n’y avait rien de plus ouvert que le cœur de Paul. Il aimait ardemment tous les fidèles, comme si chacun était son préféré. Il écrira même aux Thessaloniciens : « Nous avons été au milieu de vous pleins de douceur, comme une mère qui réchauffe sur son sein les enfants qu’elle nourrit. Nous avions pour vous une telle affection que nous étions prêts à vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais même notre vie, tant vous nous étiez devenus chers » (1 Th 2,7-8).
« SERVITEUR DU CHRIST »
À noter toutefois que Paul définit ainsi sa vie au sein de la communauté : « J’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves… »(Ac 20,19). Servir le Seigneur, voilà la priorité. Paul se considère avant tout comme serviteur du Christ et non comme serviteur de la communauté. Nous parlons habituellement du ministère comme d’un « service » et nous voulons dire par là : servir l’Église, la communauté, le peuple.
Ici l’apôtre nous laisse voir son attachement au Christ. Par conséquent il doit d’abord se mettre au service du Christ en personne. C’est seulement ainsi qu’il peut servir les personnes qui lui sont confiées. Paul marque ainsi sa liberté vis-à-vis de la communauté : il ne doit rien à personne sinon au Christ. Il ne cherche à plaire à personne, il n’a de compte à rendre à personne, sinon au Christ; et le peuple sait très bien qu’il n’est pas là d’abord pour lui plaire, pour le satisfaire, pour répondre à ses désirs, mais qu’il est là pour servir le Christ.
LIBRE À L’ÉGARD DE TOUS
Cette liberté, Paul l’a manifestée de façon particulière, dans l’annonce de l’Évangile. « Mon but, c’est de mener à bien ma course et le service que le Seigneur Jésus m’a confié : rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu » (Ac 20,24). Et aux Thessaloniciens, il laisse bien voir cette liberté. « Dieu nous ayant éprouvés pour nous confier l’Évangile, nous prêchons en conséquence : nous ne cherchons pas à plaire aux hommes, mais à Dieu qui éprouve nos cœurs. C’est ainsi que jamais nous n’avons eu de paroles flatteuses, vous le savez bien, jamais d’arrière pensée de profil, Dieu en est témoin, et jamais nous n’avons cherché d’honneurs auprès des hommes, ni chez vous, ni chez d’autres » (Th 2,4-6).
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